S’accueillir entre générations

S’accueillir entre générations

S’accueillir entre générations

A- Orientation

L’Eglise, par définition, est l’assemblée de tous les enfants de Dieu, quels que soient l’âge, la culture, les histoires… Néanmoins, il existe comme une fracture entre les générations. Bien entendu, les attentes, les besoins diffèrent selon les âges mais aucune pastorale ne devrait se développer de manière insulaire, c’est à dire isolée des autres réalités paroissiales, sans rencontres entre les différentes générations.
En effet, une Église où on s’accueille est une communauté qui favorise le lien entre les générations, de manière intentionnelle. Elle reconnaît que chaque génération a quelque chose à offrir et à recevoir et ainsi permet que chacune, chacun ait sa place, que la foi se partage de manière vivante et réciproque et que toute personne puisse contribuer à la croissance de l’Eglise selon les charismes que le Seigneur lui confère.

B- Focus local

Les difficultés à s’accueillir entre générations sont une réalité qu’on observe dans le diocèse de Créteil dans l’élaboration des projets pastoraux, lors des assemblées paroissiales ou au cours des visites pastorales. Des liens intergénérationnels réels mais parfois fragiles y sont décrits, une certaine méconnaissance mutuelle s’y révèle.
Les jeunes expriment le désir de pouvoir davantage s’impliquer dans la vie de l’Eglise et dans le même temps, les aînés réclament la présence des jeunes à la messe. On observe aussi que la transmission de la foi repose souvent sur les plus âgés.
Aussi, le rapport des uns et des autres à la liturgie ou à la doctrine de l’Eglise diffèrent.
Il est important de reconnaître mutuellement ce que chacun peut apporter pour construire ensemble une Eglise intergénérationnelle et synodale.

C- Questionnement

  • Quelles sont les occasions de rencontre entre les générations différentes dont j’ai fait l’expérience dans un lieu ecclésial ? Qu’est-ce qui les favorise ou les rend difficile ?
  • Quelle est mon expérience d’une collaboration réussie entre générations et qui a fait grandir ma foi ?
  • Quelles seraient mes attentes envers les autres générations ?
  • Qu’est-ce qui, dans la vie de nos communautés, nous semble reposer sur une seule génération ? Est-ce problématique ?
  • Au travers de ces questionnements y-a-t-il un appel à entendre ? Personnel – en paroisse – en diocèse ?  Quels petits pas ou conversions pouvons-nous envisager ?

D- Ressources

Parole de Dieu

Col 3,20-21
Vous les enfants, obéissez en toute chose à vos parents ; cela est beau dans le Seigneur. Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants ; vous risqueriez de les décourager.

1 Tm 4,12
Que personne n’ait lieu de te mépriser parce que tu es jeune.

1 Co 12,12-27
Vous êtes le Corps du Christ et chacun de vous est un membre de ce corps.

Magistère

Pape François, Christus Vivit, n°199
Si nous marchons ensemble, jeunes et vieux, nous pourrons être bien enracinés dans le présent, et, de là, fréquenter le passé et l’avenir (…). De cette manière, nous pourrons, unis, apprendre les uns des autres, réchauffer les cœurs, éclairer nos esprits de la lumière de l’Evangile et donner de nouvelles forces à nos mains.”

Pape François, Fratelli Tutti, n°198
Se rapprocher, s’exprimer, s’écouter, se regarder, se connaître, essayer de se comprendre, chercher des points de contact… tout cela se résume dans le verbe dialoguer.

Fr T. Radcliffe – Conférence lors du rassemblement de l’Église d’Algérie, octobre 2014
Partout dans l’Église, sur toute la surface du monde, un grand défi est de faire se rencontrer les générations et d’accepter le chemin de foi d’autres personnes qui sont plus âgées ou plus jeunes que nous.

Pape François – 55ème Journée mondiale de la paix – janvier 2022
D’une part les jeunes ont besoin de l’expérience existentielle, sapientielle et spirituelle des personnes âgées ; d’autre part les personnes âgées ont besoin du soutien, de l’affection, de la créativité et du dynamisme des jeunes. »

Pape Leon XIV aux jeunes d’Indianapolis par connexion écran, le 21 novembre 2025
Si vous voulez aider l’Église à préparer l’avenir, commencez par vous impliquer dès aujourd’hui. Restez en contact avec votre paroisse, assistez à la messe du dimanche, participez aux activités pour les jeunes et saisissez les occasions… qui vous permettront d’approfondir votre foi (…). Vos voix, vos idées, votre foi comptent en ce moment, et l’Église a besoin de vous. L’Église a besoin de ce que vous avez reçu pour le partager avec nous tous (…). Plus vous apprendrez à connaître Jésus, plus vous aurez envie de le servir, lui et son Église. Un excellent moyen d’édifier l’Église est de partager sa foi, de l’enseigner aux autres et d’aider ceux qui en ont besoin ».

E. Pour agir et aller plus loin

F. Témoignages

https://www.52paroles.org/film/ et en particulier les numéros 1 et 13

G. Médias

Les Disciples Pierre et Jean courant au sépulcre le matin de la Résurrection (1898), Eugène Burnand, Paris, musée d’Orsay. (Télécharger)

Grands-parents, les témoins de la foi, KTO TV

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Risquer la synodalité

Risquer la synodalité

Risquer la synodalité

A- Orientation

A l’invitation des derniers papes, et plus encore du pape François, qui a convoqué ces dernières années un Synode sur la Synodalité (2021-2024), nous avons à chercher à vivre en Eglise de manière toujours plus synodale, c’est-à-dire en cherchant à toujours mieux « marcher ensemble », que ce soit entre nous, en équipe, en paroisse, en doyenné, en diocèse, avec l’Eglise universelle. C’est l’affaire de tous ! Ce qui est central, c’est notre baptême et cela se vit dans des responsabilités différenciées.
Pour l’Eglise ce n’est pas une option. Ce n’est pas non plus une fin en soi. Et ce n’est pas si simple ! Cela exige des conversions.
« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; c’est moi qui vous ai choisis, pour que vous alliez et que vous portiez du fruit. » (Jean 15,16)

B- Focus local

Avec le synode diocésain (2016), des « pas » ont été faits vers davantage de synodalité :
– la synodalité comme l’un des 5 principes de gouvernance du diocèse : vivre la concertation à tous les échelons dans nos instances pastorales ;
– conseil pastoral diocésain renouvelé dans sa composition et sa mission ;
– dans chaque paroisse, une assemblée paroissiale annuelle, où chacun est encouragé à prendre la parole et avec les autres, à chercher les meilleurs chemins pour être missionnaires ensemble ;
– mission de vice-président de l’Equipe d’Animation Paroissiale (laïc) qui, avec le curé, le vice-président du Conseil Economique Paroissial et leurs équipes, contribue à une gouvernance renouvelée de la paroisse ;
– consultation des paroissiens lors de l’appel de nouveaux membres d’EAP ;
– et probablement d’autres expériences vécues localement ?

C- Questionnement

  • Ai-je déjà entendu parler de « synodalité » ? Qu’est-ce que j’en comprends ?
  • Quelles expériences, quelles pratiques de la synodalité vivons-nous dans nos communautés ? Quels fruits percevons-nous ? Quels freins, quelles peurs ?
  • Qu’est-ce qui pourrait favoriser davantage de synodalité dans nos modes de fonctionnement ? Qu’est-ce qui, selon nous, y fait obstacle ?
  • Au travers de ces questionnements y-a-t-il un appel à entendre ? Personnel – en paroisse – en diocèse ?  Quels petits pas ou conversions pouvons-nous envisager ?

D- Ressources

Références scripturaires
Ac 2, 41-47
Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes se joignirent à eux.
Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres. Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun.
Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés.

Concile Vatican II Lumen Gentium n°12. Le sens de la foi et les charismes dans le peuple chrétien
Le Peuple saint de Dieu participe aussi de la fonction prophétique du Christ ; il répand son vivant témoignage avant tout par une vie de foi et de charité, il offre à Dieu un sacrifice de louange, le fruit de lèvres qui célèbrent son Nom (cf. He 13, 15). La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint (cf. 1 Jn 2, 20.27), ne peut se tromper dans la foi ; ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, « des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs », elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel.

Pape François – Exhortation apostolique Evangelii Gaudium n°120
En vertu du Baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire (cf. Mt 28, 19). Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation, et il serait inadéquat de penser à un schéma d’évangélisation utilisé pour des acteurs qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné à bénéficier de leurs actions. La nouvelle évangélisation doit impliquer que chaque baptisé soit protagoniste d’une façon nouvelle.

Discours du pape François aux participants du Congrès pour les présidents et référents des Commissions épiscopales pour le laïcat (18 février 2023) : “Pasteurs et fidèles laïcs appelés à marcher ensemble”
L’accent doit être mis sur l’unité et non sur la séparation, sur la distinction. Le laïc, plus que comme “non clerc” ou “non religieux”, doit être considéré comme un baptisé, comme un membre du Peuple saint de Dieu, qui est le sacrement qui ouvre toutes les portes. Dans le Nouveau Testament, on ne trouve pas le mot “laïc”, mais on parle de “croyants”, de “disciples”, de “frères”, des “saints”, termes appliqués à tous : fidèles laïcs et ministres ordonnés, le Peuple de Dieu en marche.

Document final du Synode 2021-2024 sur la Synodalité
n°32 La synodalité n’est pas une fin en soi : elle est orientée vers la mission que le Christ a confiée à l’Église dans l’Esprit. Évangéliser est « ‘‘la mission essentielle de l’Église’’, […] c’est la grâce et la vocation propre de l’Église, son identité la plus profonde » (EN 14). (…) La synodalité et la mission sont intimement liées : la mission éclaire la synodalité et la synodalité pousse à la mission.

Pape Léon XIV interview accordée à la journaliste Elise Ann Allen pour le livre León XIV: ciudadano del mundo, misionero del siglo XXI
Je crois qu’il y a un grand espoir si nous savons valoriser l’expérience de ces dernières années et trouver de nouvelles formes pour être Église ensemble. Non pas pour la transformer en une sorte de gouvernement démocratique (…) mais pour respecter et comprendre la vie de l’Église telle qu’elle est, et dire : « Nous devons le faire ensemble ». C’est une grande opportunité pour l’Église, mais aussi pour le monde, avec lequel l’Église peut et doit dialoguer. Depuis le Concile Vatican II, cela a été un pas important. Il reste encore beaucoup à faire.

E. Pour agir et aller plus loin

F. Témoignages

Assemblée paroissiale, Témoignage de la paroisse Saint Germain (Fontenay-sous-Bois)

Assemblée paroissiale, Témoignage de la paroisse Saint-Louis (Vincennes) :

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L’apostolat des laïcs

L’apostolat des laïcs

L’apostolat des laïcs

A- Orientation

« La foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte » écrit saint Jacques aux premières communautés chrétiennes (Jc 2,17). Ce message s’adresse aussi à nous.
Baptisés, nous sommes devenus prêtres, prophètes et rois, appelés à témoigner, par notre manière de contempler le monde et de vivre dans la société, de la présence de Dieu dans ce monde et de son amour pour chaque être humain.
Le Pape Léon XIV, reprenant des propos du Pape François, nous le redit :
Il faut toujours se rappeler que la proposition de l’Évangile n’est pas seulement celle d’une relation individuelle et intime avec le Seigneur. La proposition est plus large : « elle est le Royaume de Dieu… Donc, aussi bien l’annonce que l’expérience chrétienne tendent à provoquer des conséquences sociales. Cherchons son Royaume. » (Dilexi te n° 97)

B- Focus local

Notre département est riche de grandes diversités culturelles (plus de 80 nationalités sont présentes en Val-de-Marne), spirituelles (les trois grandes religions monothéistes sont bien présentes) et aussi sociales (grandes mobilités liées au transport, renouvellement régulier de la population, disparition des grandes usine, naissance d’autres emplois…)
Après des décennies de déchristianisation, nous observons depuis quelques années un regain de quête de sens et de cohérence chez nos concitoyens : c’est cette même recherche qui a été à l’origine d’un important développement des mouvements dans notre diocèse dans le passé.

C- Questionnement

  • Qu’est-ce que « vivre et agir en chrétien » signifie pour moi aujourd’hui : dans mes différents lieux de vie (famille, amis, travail, paroisse, écoles, quartiers…), et d’engagements (associations, société…) ?
  • Comment les communautés de Foi auxquelles nous appartenons (paroisses, catéchuménat, aumôneries, mouvements, associations de fidèles…) soutiennent-elles sur ce chemin d’engagement dans le monde, à la sortie des temps communautaires ? Sont-elles des lieux de partage et d’encouragement mutuel à mieux vivre et agir en chrétien dans mes différents lieux de vie ? en quoi ?
  • Osons-nous partager notre espérance chrétienne auprès de nos proches, en famille, au travail, dans nos quartiers ? Si oui, comment ? Si non, pourquoi ? De quoi chacun aurait-il besoin pour « oser » davantage ?
  • Au travers de ces questionnements y-a-t-il un appel à entendre ? Personnel – en paroisse – en diocèse ?  Quels petits pas ou conversions pouvons-nous envisager ?

D- Ressources

Evangile de Jésus-Christ selon Saint Matthieu, 25, 37-45
Alors les justes lui répondront : “Seigneur, quand est-ce que nous t’avons vu… ? tu avais donc faim, et nous t’avons nourri ? tu avais soif, et nous t’avons donné à boire ? tu étais un étranger, et nous t’avons accueilli ? tu étais nu, et nous t’avons habillé ? tu étais malade ou en prison… Quand sommes-nous venus jusqu’à toi ?” Et le Roi leur répondra : “Amen, je vous le dis : chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait.”

Lettre de Saint Jacques chapitre 2
Mes frères, si quelqu’un prétend avoir la foi, sans la mettre en œuvre, à quoi cela sert-il ? Sa foi peut-elle le sauver ? Supposons qu’un frère ou une sœur n’ait pas de quoi s’habiller, ni de quoi manger tous les jours ; si l’un de vous leur dit : « Allez en paix ! Mettez-vous au chaud, et mangez à votre faim ! » sans leur donner le nécessaire pour vivre, à quoi cela sert-il ? Ainsi donc, la foi, si elle n’est pas mise en œuvre, est bel et bien morte.

Concile Vatican II, Décret sur l’Apostolat des laïcs, 1965
Le propre de l’état des laïcs étant de mener leur vie au milieu du monde et des affaires profanes, ils sont appelés par Dieu à exercer leur apostolat dans le monde à la manière d’un ferment, grâce à la vigueur de leur esprit chrétien.
Pape François, 18 février 2013 Conférence « Pasteurs et laïcs appelés à marcher ensemble »
L’apostolat des laïcs est avant tout un témoignage ! Témoignage de sa propre expérience, de sa propre histoire, témoignage de la prière, témoignage du service à ceux qui sont dans le besoin, témoignage de la proximité aux pauvres, proximité aux personnes seules, témoignage de l’accueil, surtout de la part des familles.

Être apôtre aujourd’hui (délégation des mouvements d’Action Catholique de France à Rome en 2022) :
Au-delà d’être et de donner des signes visibles du Royaume en train d’advenir, (il s’agit de permettre) à des personnes de découvrir et de reconnaître la puissance de vie qui vient de Jésus Christ, et de devenir elles-mêmes des signes, même si elles ne partagent pas au départ la foi chrétienne (comme le centurion romain de l’Evangile ou le bon samaritain). L’Evangile s’inscrit dans la chair de la société et constitue une nouvelle page des Actes des Apôtres, que nous écrivons dans la langue d’aujourd’hui.

E. Pour agir et aller plus loin

Faire communauté avec les plus pauvres

Faire communauté avec les plus pauvres

Faire communauté avec les plus pauvres

A- Orientation

Un appel à la conversion fraternelle
Dans l’Évangile, la rencontre avec les plus pauvres n’est jamais périphérique : elle est le lieu où Dieu se rend présent, discret mais brûlant. Aujourd’hui encore, le Seigneur nous confie cette mission : laisser nos cœurs se transformer au contact de celles et ceux que la vie a blessés, pour devenir une communauté qui porte la saveur de la compassion.
Faire communauté avec les plus pauvres, c’est accepter de mettre nos pas dans ceux du Christ. C’est reconnaître que nous ne sommes pleinement Église que lorsque la dignité des plus vulnérables devient notre priorité.
C’est ainsi que l’Église devient signe du Royaume : lorsque la fraternité humble et partagée fait naître une espérance plus forte que nos limites. Elle devient une communauté vivante, capable de consoler, d’accompagner et de relever, et dans laquelle le Royaume de Dieu se fait présent par des gestes simples, concrets et fraternels.

B- Focus local

Ce que nous voyons dans le Val-de-Marne
Dans notre diocèse, nous croisons chaque jour des personnes éprouvées par la précarité, l’exil, la solitude, la maladie ou la violence. Les chiffres 2025 de l’INSEE indiquent que 17,2% des Val-de-marnais vivent en dessous du seuil de pauvreté. Beaucoup le vivent sans le montrer. D’autres ne peuvent faire autrement et ont besoin. Les malades expriment aussi dans leur épreuve la vulnérabilité qui nous concerne tous.
Leurs visages, souvent bouleversants, révèlent notre humanité et ravivent notre vocation chrétienne. De nombreuses communautés, associations et mouvements se mobilisent déjà. Il ne s’agit plus seulement d’agir, mais de reconnaître chaque personne fragile comme une sœur ou un frère, pleinement partie prenante de notre communauté.
Cette conversion engage tout le peuple de Dieu. Elle invite chacun à relire ses pratiques pour favoriser une inclusion authentique et féconde des plus vulnérables au sein du Corps du Christ.

C- Questionnement

  • Quelle est mon expérience personnelle de la pauvreté ? Est-ce que la rencontre avec les plus pauvres m’est facile ? Difficile ?
  • Qui sont les pauvres que le Seigneur met sur notre route aujourd’hui et que nous n’avons peut-être pas encore vraiment regardés ?
  • 3. Quelles initiatives concrètes pouvons-nous prendre en communauté pour soutenir les pauvres, faire jaillir leur parole et la faire entendre ? agir concrètement à leurs côtés ?
  • Au travers de ces questionnements y-a-t-il un appel à entendre ? Personnel – en paroisse – en diocèse ?  Quels petits pas ou conversions pouvons-nous envisager ?

D- Ressources

Être invité et inviter à la table su Seigneur : Lc 14,12-14
Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
Ou la parabole du bon samaritain Lc 10,25-37

Saint Jean Chrysostome : Homélie 50
Tu veux honorer le Corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu. Ne l’honore pas ici, dans l’église, par des tissus de soie tandis que tu le laisses dehors souffrir du froid et du manque de vêtements. Car celui qui a dit : « Ceci est mon corps » (Mt 26,26), et qui l’a réalisé en le disant, c’est lui qui a dit : « Vous m’avez vu avoir faim, et vous ne m’avez pas donné à manger » et aussi : « Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » (Mt 25,42.45)

Vatican II : Gaudium et Spes (1965)
Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. (n°1)
Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle de la justice, inséparable de la charité (…). (n°69)

Léon XIV : Dilexi Te (2025)
Le chrétien ne peut pas considérer les pauvres seulement comme un problème social : ils sont une “question de famille” ; ils sont “des nôtres”. La relation avec eux ne peut pas être réduite à une activité ou à une fonction de l’Église (n°104)
La réalité est que, pour les chrétiens, les pauvres ne sont pas une catégorie sociologique, mais la chair même du Christ. En effet, il ne suffit pas d’énoncer de manière générale la doctrine de l’incarnation de Dieu. Pour entrer véritablement dans ce mystère, il faut préciser que le Seigneur s’est fait chair, qu’il a faim, qu’il a soif, qu’il est malade et emprisonné. « Une Église pauvre pour les pauvres commence par aller vers la chair du Christ. Si nous allons vers la chair du Christ, nous commençons à comprendre quelque chose, à comprendre ce qu’est cette pauvreté, la pauvreté du Seigneur. Et cela n’est pas facile » (n°110)

E. Pour agir et aller plus loin

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Se nourrir de la Parole de Dieu 

Se nourrir de la Parole de Dieu 

Se nourrir de la Parole de Dieu

A- Orientation

Les Écritures Saintes sont un trésor parce que nous y rencontrons des êtres humains auxquels Dieu s’est révélé comme il se révèle à nous aujourd’hui. 60 ans après la constitution conciliaire sur la Révélation divine (Dei Verbum, 1965) transmise par la Parole de Dieu, nous constatons le chemin qui a été accompli dans notre Église pour que cette Parole de Dieu tienne toute la place qui lui revient, non seulement dans la liturgie et la célébration des sacrements, mais aussi dans la tenue de nos rencontres de tous ordres. Cela est véritablement réjouissant ! Ayons à cœur de transmettre ce trésor qui nous a été confié et qui peut tant nous nourrir, nous centrer sur le Christ, édifier notre Église pour qu’elle soit signe de Joie et de Paix.

B- Focus local

Dans notre diocèse/département, à l’exemple d’autres Églises chrétiennes, nous sommes de plus en plus nombreux à lire les Ecritures, à nous former, à partager avec d’autres la Parole entendue et à participer à des formations sur la Bible. Ainsi nous nous familiarisons à lire et à partager la Parole de Dieu avec d’autres.
Des initiations à la lecture de la Bible sont proposées dans les paroisses, les doyennés, dans différents lieux de formation, et par le Service diocésain de Formation des Baptisés.
Les « maisons d’Évangile » proposent un partage fraternel « à la maison » entre amis, voisins, membres d’une même famille, cheminent et se répandent à travers le diocèse. Ainsi, nous approfondissons cette écoute par l’étude, la méditation, la prière.
Initié par le Pape François, le Dimanche de la Parole de Dieu est de plus en plus célébré dans nos paroisses, nous rendant plus attentif à la Présence du Seigneur.
Une impulsion forte a été donnée dans notre diocèse en 2009 avec les orientations diocésaines Va trouver mes frères et partage-leur la Parole.

C- Questionnement

  • • Quelle est ma pratique de lecture de la Bible ? De la prière avec la Parole de Dieu ? Quelles sont mes difficultés ? mes attraits ? Ai-je l’occasion d’un partage avec d’autres ?
  • Y-at-il un passage de l’Ecriture, une attitude de Jésus, qui m’habite plus particulièrement ?
  • Si j’ai eu l’occasion de participer à une formation biblique ou à une retraite, quels fruits en ai-je perçu ?
  • Au travers de ces questionnements y-a-t-il un appel à entendre ? Personnel – en paroisse – en diocèse ?  Quels petits pas ou conversions pouvons-nous envisager ?

D- Ressources

2 Timothée 3,16-17 :
Toute l’Écriture est inspirée par Dieu ; elle est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice ; grâce à elle, l’homme de Dieu sera accompli, équipé pour faire toute sorte de bien.

Lettre aux Hébreux 1.1 – 2
À bien des reprises et de bien des manières, Dieu, dans le passé, a parlé à nos pères par les prophètes ; mais à la fin, en ces jours où nous sommes, il nous a parlé par son Fils qu’il a établi héritier de toutes choses et par qui il a créé les mondes.

Concile Vatican II – Dei Verbum :
Les mots de Dieu, exprimés dans les langues humaines, se sont faits semblables aux paroles de l’homme, tout comme le Verbe du Père éternel, ayant revêtu la chair de la faiblesse humaine, s’est rendu semblable aux hommes. (III, 13)

Benoit XVI, Verbum Dei (N°56) :
La sacramentalité de la Parole se comprend par analogie à la présence réelle du Christ sous les espèces du pain et du vin consacré. En nous approchant de l’autel et en prenant part au banquet eucharistique, nous communions réellement au corps et au sang du Christ. La proclamation de la Parole de Dieu dans la célébration implique la reconnaissance que le Christ lui-même est présent et s’adresse à nous pour être écouté.

Lettre apostolique du Pape François Aperuit illis, 2019, par laquelle est institué le Dimanche de la Parole de Dieu :
“Alors il ouvrit leur intelligence à la compréhension des Écritures” (Lc 24,45). Voilà un des derniers gestes accomplis par le Seigneur ressuscité, avant son Ascension. Il apparaît aux disciples alors qu’ils sont rassemblés dans un même lieu, il rompt avec eux le pain et leur ouvre leur esprit à l’intelligence des Saintes Écritures (…) La relation entre le Ressuscité, la communauté des croyants et l’Écriture Sainte est extrêmement vitale pour notre identité. Si le Seigneur ne nous y introduit pas, il est impossible de comprendre en profondeur l’Écriture Sainte. Pourtant le contraire est tout aussi vrai : sans l’Écriture Sainte, les évènements de la mission de Jésus et de son Église dans le monde restent indéchiffrables. De manière juste, Saint Jérôme pouvait écrire : “Ignorer les Écritures c’est ignorer le Christ.” (…) J’établis donc que le IIIe Dimanche du Temps Ordinaire soit consacré à la célébration, à la réflexion et à la proclamation de la Parole de Dieu.

Saint Jean de la Croix Montée du carmel, livre 2, chap. 22
Je vous ai dit tout ce que j’avais à dire, par la Parole qui est mon Fils. Fixez les yeux sur lui seul, car en lui j’ai tout établi, en lui j’ai tout dit, tout révélé, et vous trouverez là bien plus que tout ce que vous désirez et demandez.

E. Pour agir et aller plus loin

https://catholiques-val-de-marne.cef.fr/vivre-notre-foi/evangelisation/mev-maisons-devangile/
Un service diocésain : formation@eveche-creteil.cef.fr
Une application, accessible sur le site : https://prieenchemin.org/