Accueillir les personnes migrantes

Accueillir les personnes migrantes

Accueillir les personnes migrantes

A- Orientation

« Nous avons à nous interroger sur ce qui conduit bien des personnes à demander l’accueil à notre pays, pour d’autres raisons que la guerre. Le Val-de-Marne, par ses habitants, est riche de liens avec les pays du monde entier qui nous font aussi partager leurs drames. Le défi de l’accueil des migrants est immense : il ne peut pas reposer seulement sur les seules capacités des collectivités, nous le savons bien. » (Mgr Dominique Blanchet, évêque de Créteil)

B- Focus local

Les migrations dans le monde concernent 300 millions de personnes soit environ 3,8 % de la population mondiale.
C’est un phénomène en croissance depuis l’an 2000, + 62 % dans le monde, +36% en France.
François Héran, spécialiste des migrations, rappelle que 31 % de la population française est liée à l’immigration sur trois générations, mais seulement 5 % ont leurs quatre grands-parents immigrés. Cela signifie qu’un brassage des populations s’effectue au fur et à mesure des générations par des unions mixtes, dont le nombre est très élevé en France.
Le Val-de-Marne est le deuxième département métropolitain en nombre d’immigrés par rapport à sa population (22,6 %), après la Seine-Saint-Denis (31,4 %).

Dans notre département, de nombreuses personnes migrantes (laïcs et ordonnés) font partie de nos communautés chrétiennes et de nombreuses associations aident les migrants récemment arrivés pour leurs besoins essentiels.

C- Questionnement

A quelles occasions rencontrons-nous des personnes migrantes ?
·       Comment vivons-nous cette interculturalité ? Pouvons-nous nommer des joies, des difficultés ?
·       Avons-nous des résistances ?
·       Comment nous aider mutuellement à découvrir nos richesses ?

Dans nos paroisses, avec les personnes migrantes :
·       Comment vivre ensemble notre mission baptismale ?
·       Qu’est ce qui est source de joie, de questionnements ?

Au travers de ces questionnements y-a-t-il un appel à entendre ? Personnel – en paroisse – en diocèse ?  Quels petits pas ou conversions pouvons-nous envisager ?

D- Ressources

 Ancien Testament :

Lévitique 19, 33 – 34
Quand un immigré résidera avec vous dans votre pays, vous ne l’exploiterez pas. L’immigré qui réside avec vous sera parmi vous comme un israélite de souche, et tu l’aimeras comme toi-même, car vous-mêmes avez été immigrés au pays d’Égypte.

Jérémie 22, 3 – 5
Ainsi parle le Seigneur : Pratiquez le droit et la justice, délivrez l’exploité des mains de l’oppresseur, ne maltraitez pas l’immigré, l’orphelin et la veuve, ne leur faites pas violence ; et ne versez pas en ce lieu le sang de l’innocent.

Nouveau Testament :

Lettre aux Galates 3, 27 – 28
En effet, vous tous que le baptême a unis au Christ, vous avez revêtu le Christ ; il n’y a plus ni juif ni grec, il n’y a plus ni esclave ni homme libre, il n’y a plus l’homme et la femme, car tous, vous ne faites plus qu’un dans le Christ Jésus.

Livre de l’Apocalypse 7, 9
Après cela, j’ai vu : et voici une foule immense, que nul ne pouvait dénombrer, une foule de toutes nations, tribus, peuples et langues. Ils se tenaient debout devant le Trône et devant l’Agneau, vêtus de robes blanches, avec des palmes à la main.

Fratelli Tutti   Pape François (octobre 2020)

41. Je comprends que, face aux migrants, certaines personnes aient des doutes et éprouvent de la peur. Je considère que cela fait partie de l’instinct naturel de légitime défense. Mais il est également vrai qu’une personne et un peuple ne sont féconds que s’ils savent de manière créative s’ouvrir aux autres. J’invite à dépasser ces réactions primaires, car « le problème, c’est quand [les doutes et les craintes] conditionnent notre façon de penser et d’agir au point de nous rendre intolérants, fermés, et peut-être même – sans nous en rendre compte – racistes. Ainsi, la peur nous prive du désir et de la capacité de rencontrer l’autre. »

129. Nos efforts vis-à-vis des personnes migrantes qui arrivent peuvent se résumer en quatre verbes : accueillir, protéger, promouvoir et intégrer […] pour construire des villes et des pays qui, tout en conservant leurs identités culturelles et religieuses respectives, soient ouvertes aux différences et sachent les valoriser sous le signe de la fraternité humaine.

Dilexi te   Pape Léon XIV (octobre 2025)

73. L’expérience de la migration accompagne l’histoire du Peuple de Dieu. Abraham part sans savoir où il va ; Moïse guide le peuple en pèlerinage à travers le désert ; Marie et Joseph fuient en Égypte avec l’Enfant. Le Christ lui-même, qui « est venu chez lui, et les siens ne l’ont pas accueilli » (Jn 1, 11), a vécu parmi nous comme un étranger. C’est pourquoi l’Église a toujours reconnu dans les migrants une présence vivante du Seigneur qui, au jour du jugement, dira à ceux qui seront à sa droite : « J’étais étranger et vous m’avez accueilli » (Mt 25, 35).

E. Pour agir et aller plus loin

F. Témoignages

 Vidéo, interviews … sur « D’ici et d’ailleurs » : en cours de préparation

S’accueillir entre générations

S’accueillir entre générations

S’accueillir entre générations

A- Orientation

L’Eglise, par définition, est l’assemblée de tous les enfants de Dieu, quels que soient l’âge, la culture, les histoires… Néanmoins, il existe comme une fracture entre les générations. Bien entendu, les attentes, les besoins diffèrent selon les âges mais aucune pastorale ne devrait se développer de manière insulaire, c’est à dire isolée des autres réalités paroissiales, sans rencontres entre les différentes générations.
En effet, une Église où on s’accueille est une communauté qui favorise le lien entre les générations, de manière intentionnelle. Elle reconnaît que chaque génération a quelque chose à offrir et à recevoir et ainsi permet que chacune, chacun ait sa place, que la foi se partage de manière vivante et réciproque et que toute personne puisse contribuer à la croissance de l’Eglise selon les charismes que le Seigneur lui confère.

B- Focus local

Les difficultés à s'accueillir entre générations sont une réalité qu’on observe dans le diocèse de Créteil dans l’élaboration des projets pastoraux, lors des assemblées paroissiales ou au cours des visites pastorales. Des liens intergénérationnels réels mais parfois fragiles y sont décrits, une certaine méconnaissance mutuelle s’y révèle.
Les jeunes expriment le désir de pouvoir davantage s’impliquer dans la vie de l’Eglise et dans le même temps, les aînés réclament la présence des jeunes à la messe. On observe aussi que la transmission de la foi repose souvent sur les plus âgés.
Aussi, le rapport des uns et des autres à la liturgie ou à la doctrine de l’Eglise diffèrent.
Il est important de reconnaître mutuellement ce que chacun peut apporter pour construire ensemble une Eglise intergénérationnelle et synodale.

C- Questionnement

  • Quelles sont les occasions de rencontre entre les générations différentes dont j’ai fait l’expérience dans un lieu ecclésial ? Qu’est-ce qui les favorise ou les rend difficile ?
  • Quelle est mon expérience d’une collaboration réussie entre générations et qui a fait grandir ma foi ?
  • Quelles seraient mes attentes envers les autres générations ?
  • Qu’est-ce qui, dans la vie de nos communautés, nous semble reposer sur une seule génération ? Est-ce problématique ?
  • Au travers de ces questionnements y-a-t-il un appel à entendre ? Personnel – en paroisse - en diocèse ?  Quels petits pas ou conversions pouvons-nous envisager ?

D- Ressources

Parole de Dieu

Col 3,20-21
Vous les enfants, obéissez en toute chose à vos parents ; cela est beau dans le Seigneur. Et vous les parents, n’exaspérez pas vos enfants ; vous risqueriez de les décourager.

1 Tm 4,12
Que personne n’ait lieu de te mépriser parce que tu es jeune.

1 Co 12,12-27
Vous êtes le Corps du Christ et chacun de vous est un membre de ce corps.

Magistère

Pape François, Christus Vivit, n°199
Si nous marchons ensemble, jeunes et vieux, nous pourrons être bien enracinés dans le présent, et, de là, fréquenter le passé et l’avenir (...). De cette manière, nous pourrons, unis, apprendre les uns des autres, réchauffer les cœurs, éclairer nos esprits de la lumière de l’Evangile et donner de nouvelles forces à nos mains.”

Pape François, Fratelli Tutti, n°198
Se rapprocher, s’exprimer, s’écouter, se regarder, se connaître, essayer de se comprendre, chercher des points de contact… tout cela se résume dans le verbe dialoguer.

Fr T. Radcliffe - Conférence lors du rassemblement de l’Église d’Algérie, octobre 2014
Partout dans l’Église, sur toute la surface du monde, un grand défi est de faire se rencontrer les générations et d’accepter le chemin de foi d’autres personnes qui sont plus âgées ou plus jeunes que nous.

Pape François - 55ème Journée mondiale de la paix - janvier 2022
D'une part les jeunes ont besoin de l'expérience existentielle, sapientielle et spirituelle des personnes âgées ; d'autre part les personnes âgées ont besoin du soutien, de l'affection, de la créativité et du dynamisme des jeunes. »

Pape Leon XIV aux jeunes d’Indianapolis par connexion écran, le 21 novembre 2025
Si vous voulez aider l’Église à préparer l’avenir, commencez par vous impliquer dès aujourd’hui. Restez en contact avec votre paroisse, assistez à la messe du dimanche, participez aux activités pour les jeunes et saisissez les occasions… qui vous permettront d’approfondir votre foi (…). Vos voix, vos idées, votre foi comptent en ce moment, et l’Église a besoin de vous. L’Église a besoin de ce que vous avez reçu pour le partager avec nous tous (...). Plus vous apprendrez à connaître Jésus, plus vous aurez envie de le servir, lui et son Église. Un excellent moyen d’édifier l’Église est de partager sa foi, de l’enseigner aux autres et d’aider ceux qui en ont besoin ».

E. Pour agir et aller plus loin

F. Témoignages

https://www.52paroles.org/film/ et en particulier les numéros 1 et 13

G. Médias

Les Disciples Pierre et Jean courant au sépulcre le matin de la Résurrection (1898), Eugène Burnand, Paris, musée d'Orsay. (Télécharger)

Grands-parents, les témoins de la foi, KTO TV