Faire communauté avec les personnes en situation de handicap

Faire communauté avec les personnes en situation de handicap

Faire communauté avec les personnes en situation de handicap

A- Orientation

Dans les Evangiles, nous voyons Jésus se faire proche de personnes aveugles, paralysées, épileptiques… C’est un appel pour chacun et en Eglise.
Faire communauté ensemble est un défi à relever ! Il s’agit de se laisser transformer par la rencontre de l’autre, avec nos différences et nos fragilités, dans un partage des compétences et un enrichissement mutuel. Nos vulnérabilités peuvent devenir richesses à partager.
Faire avec les personnes handicapées, qu’elles puissent prendre des responsabilités, tout en tenant compte des fragilités spécifiques de chacun.
Savoir s’adapter représente un véritable défi pour toute la société. Vivre l’inclusion, c’est l’affaire de tous. C’est aussi le projet de Dieu pour l’humanité dans la communion bienheureuse.

B- Focus local

Dans le Val-de-Marne, il existe de nombreuses structures de soins et d’accueil des personnes en situation de handicap mais il y a également un grand nombre de personnes isolées par leur handicap.
Des orientations départementales sont signes d’une volonté politique d’accompagnement du handicap.
Dans l’Eglise du Val-de-Marne, divers mouvements et associations sont en lien avec les personnes handicapées. Nos paroisses sont plus ou moins accueillantes.
Beaucoup d’efforts restent à faire pour l’accessibilité, l’accueil, l’inclusion et la participation de tous afin de faire Eglise ensemble.

C- Questionnement

-       Est-ce que je connais autour de moi des personnes en situation de handicap, des lieux accueillant des personnes handicapées ?
-       Est-ce que ma paroisse accueille régulièrement ou occasionnellement des personnes handicapées (seules ou en groupe) ?
-       Des personnes handicapées sont-elles appelées en responsabilité (EAP, caté, catéchuménat, liturgie…) ? Y a –t-il des raisons objectives à la situation ?
-       Savons-nous repérer leurs talents ? Qu'est-ce qui éventuellement fait obstacle ?
-       Au travers de ces questionnements y-a-t-il un appel à entendre ? Personnel – en paroisse – en diocèse ?  Quels petits pas ou conversions pouvons-nous envisager ?

D- Ressources

Mt 11,25 En ce temps-là, Jésus prit la parole et dit : « Père, Seigneur du ciel et de la terre, je proclame ta louange : ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits. »

Mc 2, 3-12 Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé, porté par quatre hommes. Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de lui, ils font une ouverture, et descendent le brancard sur lequel était couché le paralysé. Voyant leur foi, Jésus dit au paralysé : « Mon enfant, tes péchés sont pardonnés. » […]
« Eh bien ! Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a autorité pour pardonner les péchés sur la terre… – Jésus s’adressa au paralysé – je te le dis, lève-toi, prends ton brancard, et rentre dans ta maison. »
Il se leva, prit aussitôt son brancard, et sortit devant tout le monde. Tous étaient frappés de stupeur et rendaient gloire à Dieu, en disant : « Nous n’avons jamais rien vu de pareil. »

Lc 18, 35-43 Alors que Jésus approchait de Jéricho, un aveugle mendiait, assis au bord de la route. Entendant la foule passer devant lui, il s’informa de ce qu’il y avait. On lui apprit que c’était Jésus le Nazaréen qui passait. Il s’écria : « Jésus, fils de David, prends pitié de moi ! »
Ceux qui marchaient en tête le rabrouaient pour le faire taire. Mais lui criait de plus belle : « Fils de David, prends pitié de moi ! »
Jésus s’arrêta et il ordonna qu’on le lui amène. Quand il se fut approché, Jésus lui demanda :
« Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Il répondit : « Seigneur, que je retrouve la vue. »
Et Jésus lui dit : « Retrouve la vue ! Ta foi t’a sauvé. »
À l’instant même, il retrouva la vue, et il suivait Jésus en rendant gloire à Dieu. Et tout le peuple, voyant cela, adressa une louange à Dieu.

Message du Pape François à l’occasion de la journée internationale es personnes handicapées, 3 décembre 2022
« Le magistère de la fragilité est un charisme avec lequel vous pouvez – sœurs et frères en situation de handicap – enrichir l’Église. Votre présence « peut aider à transformer les réalités dans lesquelles nous vivons, en les rendant plus humaines et plus accueillantes. Sans vulnérabilité, sans limites, sans obstacles à surmonter, il n’y aurait pas de véritable humanité ». (...) je souhaite que chaque communauté chrétienne s’ouvre à la présence de sœurs et de frères en situation de handicap, en veillant toujours à les accueillir et à les inclure pleinement. »

Document suite à la rencontre nationale à Lourdes (sept. 2016) : « Avec un handicap, passionnément vivants »  
L’inclusion et la reconnaissance des personnes avec handicap est d’abord du domaine de l’éthique. Elles ont un témoignage unique à donner au monde et à l’Eglise concernant la fragilité et la dignité de toute vie. Par leur façon de vivre leur handicap et leur espérance, elles donnent un éclairage nouveau sur l’expérience du mystère pascal, de la croix à la plénitude de la vie en Christ. (...)
Nous sommes d’abord invités à écouter cette parole [celle des chrétiens en situation de handicap], à la recueillir, à la faire entendre, avec le respect, l’attention et l’intérêt pour une parole inconnue, qui manquait jusqu’alors. Chaque baptisé a une parole unique à apporter à l’édification de l’Eglise. [Ces personnes nous disent :] 'Nous voulons mettre notre grain de sel dans la cuisine du diocèse'. 

E. Pour agir et aller plus loin

Faire communauté avec les plus pauvres

Faire communauté avec les plus pauvres

Faire communauté avec les plus pauvres

A- Orientation

Un appel à la conversion fraternelle
Dans l’Évangile, la rencontre avec les plus pauvres n’est jamais périphérique : elle est le lieu où Dieu se rend présent, discret mais brûlant. Aujourd’hui encore, le Seigneur nous confie cette mission : laisser nos cœurs se transformer au contact de celles et ceux que la vie a blessés, pour devenir une communauté qui porte la saveur de la compassion.
Faire communauté avec les plus pauvres, c’est accepter de mettre nos pas dans ceux du Christ. C’est reconnaître que nous ne sommes pleinement Église que lorsque la dignité des plus vulnérables devient notre priorité.
C’est ainsi que l’Église devient signe du Royaume : lorsque la fraternité humble et partagée fait naître une espérance plus forte que nos limites. Elle devient une communauté vivante, capable de consoler, d’accompagner et de relever, et dans laquelle le Royaume de Dieu se fait présent par des gestes simples, concrets et fraternels.

B- Focus local

Ce que nous voyons dans le Val-de-Marne
Dans notre diocèse, nous croisons chaque jour des personnes éprouvées par la précarité, l’exil, la solitude, la maladie ou la violence. Les chiffres 2025 de l’INSEE indiquent que 17,2% des Val-de-marnais vivent en dessous du seuil de pauvreté. Beaucoup le vivent sans le montrer. D’autres ne peuvent faire autrement et ont besoin. Les malades expriment aussi dans leur épreuve la vulnérabilité qui nous concerne tous.
Leurs visages, souvent bouleversants, révèlent notre humanité et ravivent notre vocation chrétienne. De nombreuses communautés, associations et mouvements se mobilisent déjà. Il ne s’agit plus seulement d’agir, mais de reconnaître chaque personne fragile comme une sœur ou un frère, pleinement partie prenante de notre communauté.
Cette conversion engage tout le peuple de Dieu. Elle invite chacun à relire ses pratiques pour favoriser une inclusion authentique et féconde des plus vulnérables au sein du Corps du Christ.

C- Questionnement

  • Quelle est mon expérience personnelle de la pauvreté ? Est-ce que la rencontre avec les plus pauvres m’est facile ? Difficile ?
  • Qui sont les pauvres que le Seigneur met sur notre route aujourd’hui et que nous n’avons peut-être pas encore vraiment regardés ?
  • 3. Quelles initiatives concrètes pouvons-nous prendre en communauté pour soutenir les pauvres, faire jaillir leur parole et la faire entendre ? agir concrètement à leurs côtés ?
  • Au travers de ces questionnements y-a-t-il un appel à entendre ? Personnel – en paroisse - en diocèse ?  Quels petits pas ou conversions pouvons-nous envisager ?

D- Ressources

Être invité et inviter à la table su Seigneur : Lc 14,12-14
Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu'ils n'ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
Ou la parabole du bon samaritain Lc 10,25-37

Saint Jean Chrysostome : Homélie 50
Tu veux honorer le Corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu. Ne l’honore pas ici, dans l’église, par des tissus de soie tandis que tu le laisses dehors souffrir du froid et du manque de vêtements. Car celui qui a dit : « Ceci est mon corps » (Mt 26,26), et qui l’a réalisé en le disant, c’est lui qui a dit : « Vous m’avez vu avoir faim, et vous ne m’avez pas donné à manger » et aussi : « Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » (Mt 25,42.45)

Vatican II : Gaudium et Spes (1965)
Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. (n°1)
Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle de la justice, inséparable de la charité (…). (n°69)

Léon XIV : Dilexi Te (2025)
Le chrétien ne peut pas considérer les pauvres seulement comme un problème social : ils sont une “question de famille” ; ils sont “des nôtres”. La relation avec eux ne peut pas être réduite à une activité ou à une fonction de l’Église (n°104)
La réalité est que, pour les chrétiens, les pauvres ne sont pas une catégorie sociologique, mais la chair même du Christ. En effet, il ne suffit pas d’énoncer de manière générale la doctrine de l’incarnation de Dieu. Pour entrer véritablement dans ce mystère, il faut préciser que le Seigneur s’est fait chair, qu’il a faim, qu’il a soif, qu’il est malade et emprisonné. « Une Église pauvre pour les pauvres commence par aller vers la chair du Christ. Si nous allons vers la chair du Christ, nous commençons à comprendre quelque chose, à comprendre ce qu’est cette pauvreté, la pauvreté du Seigneur. Et cela n’est pas facile » (n°110)

E. Pour agir et aller plus loin

F. Médias

François lavant le lépreux, bronze de Fiorenze Bacchi (2001) sur le parvis de Rivo Torto, à Assise.
François lavant le lépreux, bronze de Fiorenze Bacchi (2001) sur le parvis de Rivo Torto, à Assise.