Faire communauté avec les plus pauvres
A- Orientation
Un appel à la conversion fraternelle
Dans l’Évangile, la rencontre avec les plus pauvres n’est jamais périphérique : elle est le lieu où Dieu se rend présent, discret mais brûlant. Aujourd’hui encore, le Seigneur nous confie cette mission : laisser nos cœurs se transformer au contact de celles et ceux que la vie a blessés, pour devenir une communauté qui porte la saveur de la compassion.
Faire communauté avec les plus pauvres, c’est accepter de mettre nos pas dans ceux du Christ. C’est reconnaître que nous ne sommes pleinement Église que lorsque la dignité des plus vulnérables devient notre priorité.
C’est ainsi que l’Église devient signe du Royaume : lorsque la fraternité humble et partagée fait naître une espérance plus forte que nos limites. Elle devient une communauté vivante, capable de consoler, d’accompagner et de relever, et dans laquelle le Royaume de Dieu se fait présent par des gestes simples, concrets et fraternels.
B- Focus local
Ce que nous voyons dans le Val-de-Marne
Dans notre diocèse, nous croisons chaque jour des personnes éprouvées par la précarité, l’exil, la solitude, la maladie ou la violence. Les chiffres 2025 de l’INSEE indiquent que 17,2% des Val-de-marnais vivent en dessous du seuil de pauvreté. Beaucoup le vivent sans le montrer. D’autres ne peuvent faire autrement et ont besoin. Les malades expriment aussi dans leur épreuve la vulnérabilité qui nous concerne tous.
Leurs visages, souvent bouleversants, révèlent notre humanité et ravivent notre vocation chrétienne. De nombreuses communautés, associations et mouvements se mobilisent déjà. Il ne s’agit plus seulement d’agir, mais de reconnaître chaque personne fragile comme une sœur ou un frère, pleinement partie prenante de notre communauté.
Cette conversion engage tout le peuple de Dieu. Elle invite chacun à relire ses pratiques pour favoriser une inclusion authentique et féconde des plus vulnérables au sein du Corps du Christ.
C- Questionnement
- Quelle est mon expérience personnelle de la pauvreté ? Est-ce que la rencontre avec les plus pauvres m’est facile ? Difficile ?
- Qui sont les pauvres que le Seigneur met sur notre route aujourd’hui et que nous n’avons peut-être pas encore vraiment regardés ?
- 3. Quelles initiatives concrètes pouvons-nous prendre en communauté pour soutenir les pauvres, faire jaillir leur parole et la faire entendre ? agir concrètement à leurs côtés ?
- Au travers de ces questionnements y-a-t-il un appel à entendre ? Personnel – en paroisse – en diocèse ? Quels petits pas ou conversions pouvons-nous envisager ?
D- Ressources
Être invité et inviter à la table su Seigneur : Lc 14,12-14
Jésus disait aussi à celui qui l’avait invité : « Quand tu donnes un déjeuner ou un dîner, n’invite pas tes amis, ni tes frères, ni tes parents, ni de riches voisins ; sinon, eux aussi te rendraient l’invitation et ce serait pour toi un don en retour. Au contraire, quand tu donnes une réception, invite des pauvres, des estropiés, des boiteux, des aveugles ; heureux seras-tu, parce qu’ils n’ont rien à te donner en retour : cela te sera rendu à la résurrection des justes. »
Ou la parabole du bon samaritain Lc 10,25-37
Saint Jean Chrysostome : Homélie 50
Tu veux honorer le Corps du Christ ? Ne le méprise pas lorsqu’il est nu. Ne l’honore pas ici, dans l’église, par des tissus de soie tandis que tu le laisses dehors souffrir du froid et du manque de vêtements. Car celui qui a dit : « Ceci est mon corps » (Mt 26,26), et qui l’a réalisé en le disant, c’est lui qui a dit : « Vous m’avez vu avoir faim, et vous ne m’avez pas donné à manger » et aussi : « Chaque fois que vous ne l’avez pas fait à l’un de ces petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » (Mt 25,42.45)
Vatican II : Gaudium et Spes (1965)
Les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des hommes de ce temps, des pauvres surtout et de tous ceux qui souffrent, sont aussi les joies et les espoirs, les tristesses et les angoisses des disciples du Christ, et il n’est rien de vraiment humain qui ne trouve écho dans leur cœur. (n°1)
Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples, en sorte que les biens de la création doivent équitablement affluer entre les mains de tous, selon la règle de la justice, inséparable de la charité (…). (n°69)
Léon XIV : Dilexi Te (2025)
Le chrétien ne peut pas considérer les pauvres seulement comme un problème social : ils sont une “question de famille” ; ils sont “des nôtres”. La relation avec eux ne peut pas être réduite à une activité ou à une fonction de l’Église (n°104)
La réalité est que, pour les chrétiens, les pauvres ne sont pas une catégorie sociologique, mais la chair même du Christ. En effet, il ne suffit pas d’énoncer de manière générale la doctrine de l’incarnation de Dieu. Pour entrer véritablement dans ce mystère, il faut préciser que le Seigneur s’est fait chair, qu’il a faim, qu’il a soif, qu’il est malade et emprisonné. « Une Église pauvre pour les pauvres commence par aller vers la chair du Christ. Si nous allons vers la chair du Christ, nous commençons à comprendre quelque chose, à comprendre ce qu’est cette pauvreté, la pauvreté du Seigneur. Et cela n’est pas facile » (n°110)
E. Pour agir et aller plus loin
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Service diocésain Solidarité bureau.solidarite@eveche-creteil.cef.fr
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Service diocésain Santé pastorale.sante@eveche-creteil.cef.fr



