Lettre pastorale de Monseigneur Dominique Blanchet I Orientations diocésaines missionnaires pour 2026-2029

Risquer la synodalité

A- Orientation

A l’invitation des derniers papes, et plus encore du pape François, qui a convoqué ces dernières années un Synode sur la Synodalité (2021-2024), nous avons à chercher à vivre en Eglise de manière toujours plus synodale, c’est-à-dire en cherchant à toujours mieux « marcher ensemble », que ce soit entre nous, en équipe, en paroisse, en doyenné, en diocèse, avec l’Eglise universelle. C’est l’affaire de tous ! Ce qui est central, c’est notre baptême et cela se vit dans des responsabilités différenciées.
Pour l’Eglise ce n’est pas une option. Ce n’est pas non plus une fin en soi. Et ce n’est pas si simple ! Cela exige des conversions.
« Ce n’est pas vous qui m’avez choisi ; c’est moi qui vous ai choisis, pour que vous alliez et que vous portiez du fruit. » (Jean 15,16)

B- Focus local

Avec le synode diocésain (2016), des « pas » ont été faits vers davantage de synodalité :
– la synodalité comme l’un des 5 principes de gouvernance du diocèse : vivre la concertation à tous les échelons dans nos instances pastorales ;
– conseil pastoral diocésain renouvelé dans sa composition et sa mission ;
– dans chaque paroisse, une assemblée paroissiale annuelle, où chacun est encouragé à prendre la parole et avec les autres, à chercher les meilleurs chemins pour être missionnaires ensemble ;
– mission de vice-président de l’Equipe d’Animation Paroissiale (laïc) qui, avec le curé, le vice-président du Conseil Economique Paroissial et leurs équipes, contribue à une gouvernance renouvelée de la paroisse ;
– consultation des paroissiens lors de l’appel de nouveaux membres d’EAP ;
– et probablement d’autres expériences vécues localement ?

C- Questionnement

  • Ai-je déjà entendu parler de « synodalité » ? Qu’est-ce que j’en comprends ?
  • Quelles expériences, quelles pratiques de la synodalité vivons-nous dans nos communautés ? Quels fruits percevons-nous ? Quels freins, quelles peurs ?
  • Qu’est-ce qui pourrait favoriser davantage de synodalité dans nos modes de fonctionnement ? Qu’est-ce qui, selon nous, y fait obstacle ?
  • Au travers de ces questionnements y-a-t-il un appel à entendre ? Personnel – en paroisse – en diocèse ?  Quels petits pas ou conversions pouvons-nous envisager ?

D- Ressources

Références scripturaires
Ac 2, 41-47
Alors, ceux qui avaient accueilli la parole de Pierre furent baptisés. Ce jour-là, environ trois mille personnes se joignirent à eux.
Ils étaient assidus à l’enseignement des Apôtres et à la communion fraternelle, à la fraction du pain et aux prières. La crainte de Dieu était dans tous les cœurs à la vue des nombreux prodiges et signes accomplis par les Apôtres. Tous les croyants vivaient ensemble, et ils avaient tout en commun ; ils vendaient leurs biens et leurs possessions, et ils en partageaient le produit entre tous en fonction des besoins de chacun.
Chaque jour, d’un même cœur, ils fréquentaient assidûment le Temple, ils rompaient le pain dans les maisons, ils prenaient leurs repas avec allégresse et simplicité de cœur ; ils louaient Dieu et avaient la faveur du peuple tout entier. Chaque jour, le Seigneur leur adjoignait ceux qui allaient être sauvés.

Concile Vatican II Lumen Gentium n°12. Le sens de la foi et les charismes dans le peuple chrétien
Le Peuple saint de Dieu participe aussi de la fonction prophétique du Christ ; il répand son vivant témoignage avant tout par une vie de foi et de charité, il offre à Dieu un sacrifice de louange, le fruit de lèvres qui célèbrent son Nom (cf. He 13, 15). La collectivité des fidèles, ayant l’onction qui vient du Saint (cf. 1 Jn 2, 20.27), ne peut se tromper dans la foi ; ce don particulier qu’elle possède, elle le manifeste moyennant le sens surnaturel de foi qui est celui du peuple tout entier, lorsque, « des évêques jusqu’aux derniers des fidèles laïcs », elle apporte aux vérités concernant la foi et les mœurs un consentement universel.

Pape François – Exhortation apostolique Evangelii Gaudium n°120
En vertu du Baptême reçu, chaque membre du Peuple de Dieu est devenu disciple missionnaire (cf. Mt 28, 19). Chaque baptisé, quelle que soit sa fonction dans l’Église et le niveau d’instruction de sa foi, est un sujet actif de l’évangélisation, et il serait inadéquat de penser à un schéma d’évangélisation utilisé pour des acteurs qualifiés, où le reste du peuple fidèle serait seulement destiné à bénéficier de leurs actions. La nouvelle évangélisation doit impliquer que chaque baptisé soit protagoniste d’une façon nouvelle.

Discours du pape François aux participants du Congrès pour les présidents et référents des Commissions épiscopales pour le laïcat (18 février 2023) : “Pasteurs et fidèles laïcs appelés à marcher ensemble”
L’accent doit être mis sur l’unité et non sur la séparation, sur la distinction. Le laïc, plus que comme “non clerc” ou “non religieux”, doit être considéré comme un baptisé, comme un membre du Peuple saint de Dieu, qui est le sacrement qui ouvre toutes les portes. Dans le Nouveau Testament, on ne trouve pas le mot “laïc”, mais on parle de “croyants”, de “disciples”, de “frères”, des “saints”, termes appliqués à tous : fidèles laïcs et ministres ordonnés, le Peuple de Dieu en marche.

Document final du Synode 2021-2024 sur la Synodalité
n°32 La synodalité n’est pas une fin en soi : elle est orientée vers la mission que le Christ a confiée à l’Église dans l’Esprit. Évangéliser est « ‘‘la mission essentielle de l’Église’’, […] c’est la grâce et la vocation propre de l’Église, son identité la plus profonde » (EN 14). (…) La synodalité et la mission sont intimement liées : la mission éclaire la synodalité et la synodalité pousse à la mission.

Pape Léon XIV interview accordée à la journaliste Elise Ann Allen pour le livre León XIV: ciudadano del mundo, misionero del siglo XXI
Je crois qu’il y a un grand espoir si nous savons valoriser l’expérience de ces dernières années et trouver de nouvelles formes pour être Église ensemble. Non pas pour la transformer en une sorte de gouvernement démocratique (…) mais pour respecter et comprendre la vie de l’Église telle qu’elle est, et dire : « Nous devons le faire ensemble ». C’est une grande opportunité pour l’Église, mais aussi pour le monde, avec lequel l’Église peut et doit dialoguer. Depuis le Concile Vatican II, cela a été un pas important. Il reste encore beaucoup à faire.

E. Pour agir et aller plus loin

F. Témoignages

Assemblée paroissiale, Témoignage de la paroisse Saint Germain (Fontenay-sous-Bois)

Assemblée paroissiale, Témoignage de la paroisse Saint-Louis (Vincennes) :